Discours

Discours du Maouloud 1982

2 octobre 2026

Discours du Maouloud 1982

Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Maktoum lors d’une causerie

Ô Messager d’Allah,

Né sous les auspices de la Mecque, tu es le meilleur natif de la terre sacrée et des autres contrées de la Planète-Terre.

Inhumé dans ta Cité-Lumière, tu es le meilleur parmi ses morts et ceux des autres capitales du Monde.

Né dans la Cité-des-cités, tu reposes dans la Reine-des-villes.

Entre l’un et l’autre site se trouvent les marqueurs historiques favoris de la Prophétie et de la Mission prédicative. Entre l’un et l’autre site il y a surtout les éléments catalyseurs de la dignité humaine et de la grandeur morale ; éléments qui font de l’Homme un sujet vivant ici-bas pendant que sa mémoire rayonne là-haut, et retournant ensuite au Ciel sans que son cœur ne soit déconnecté des charmes de la Terre ; les charmes de cette planète où le culte est rendu à Celui-là qui en a le suprême privilège.

Ô Messager d’Allah,

Dépêché en Messager, tu n’es pas été envoyé toutefois auprès d’une nation à l’exclusion d’une autre.

Investi comme prophète, ta mission n’a d’autre finalité que la Miséricorde aux citoyens de tous les univers.

Tu as été aussi le dépositaire d’un Livre que la contre-vérité ne saurait altérer ni en sa phase de révélation ni à une échéance post-révélation.

Tu as été également le leader d’une Communauté sans discours clivant entre Messagers de Sa Majesté Allah.

Tu as croisé le fer avec l’ennemi pour la bonne cause d’Allah, tu as subi à cette fin dommages et préjudices, tu as enduré à cette fin épreuves et malaises.

Tu as érigé ta vie en exemple pour les générations pionnières et pour les générations postérieures. L’état d’assurance étant l’attribut des premiers, et le vécu gracieux celui des seconds.

De chaque membre de la race humaine tu as promu le droit à l’égard de Dieu autant que le droit de Dieu à son endroit.

Tu as obtenu la plénitude de la satisfaction d’Allah envers l’Homme comme tu as gagné de la part de l’Homme son esprit d’acceptation envers Allah.

Faisant droit à la Femme, tu as édicté une leçon que le saint Coran nous enseigne : « Aux hommes une part acquise de leurs propres labeurs, et aux femmes une part acquise de leurs propres labeurs ».

Rendant justice aux animaux, tu as prononcé ces mots : « Nulle bête marchant sur terre, nul oiseau volant de ses ailes qui ne soit pas comme vous au régime du vivre-ensemble ».

De la même manière, tu as proclamé les droits de la totalité des êtres et des choses : « Et il n’existe rien qui ne célèbre Sa gloire et Ses louanges. Mais vous n’appréhendez pas leur langage célébratoire ».

A travers une vision pareille, tu as donné à l’Ame en tant que Reine des Réalités socio-affectives, un rôle insigne. Et elle se retrouve suivie par la Vertu dans l’ordre de préséance.

Aussi, Ame et Vertu tiennent-elles à leur disposition la Matière afin que celle-ci reste au registre du civisme et des civilités, un modèle supérieur en méthode et organisation.

Ô Messager d’Allah,

La présente Nuit est la tienne hors du commun. Nuit où citadins et provinciaux se retrouvent en communion. Nuit où un homme libre et croyant part à la rencontre de son homologue pour que l’un et l’autre se renforcent mutuellement dans la foi qu’ils ont en partage avec d’autres. Nuit où une Troupe d’âmes vaillantes fait cause commune avec des « frères d’arme » dans la voie royale de l’Action et de l’Œuvre réformatrice : « A Allah appartiennent les Régiments des Cieux et de la Planète-Terre ».

Ô Messager d’Allah,

La voici, ta communauté indulgente ! Une communauté singulière ayant choisi de se mettre corps et âme au service d’Allah, de verser sa sueur dans la voie des nobles visées, et non dans le sentier du conservatisme.

Tel est le sens des mots du poète :

Dis à celui-là qui cherche à se reposer un jour que les peines sont nos bénédictions. De la peine de celui qui mange il n’y a rien de nuisible. A cette peine-là les gens ne peuvent se soustraire. Et de la peine du marcheur il faut se satisfaire si tant est que la marche revigore les pieds. Il en est ainsi de la maladie : elle cause de la peine certes mais procure aussi réconfort à son terme. Tout est sagesse dans les coups de la fatalité. Et au bout de leurs péripéties, il y a des leçons en série. La vie de l’être humain n’est pas vanité. Ô vie que les volontés hargneuses honorent ! Prends donc la bonne mesure des choses et calcules-en la portée. Tu finiras par embrasser du regard le Réel mis en évidence. Questionnes les secrets en partant de leur source. Pourquoi sont-ils tenus sous scellés dans le Sanctuaire ? Avec satisfaction tu atteindras leur essence. Ô toi Musulman, là est l’honneur !

Ainsi vont les choses jusqu’à ce que l’Ame apaisée réintègre son Havre d’origine, satisfaite et agréée.

Des gens ont vécu le Paradis sur la Planète-Terre pour y avoir côtoyé la Vérité et la Réalité essentielle. Ils se sont tellement affranchis de l’indécision qu’ils ont atteint l’Antimatière par leurs percepts. Et alors – de par une Sagesse qui s’y trouve – ils ont polarisé toutes les âmes, par le Bien, et jeté leur dévolu sur ce paradis-là. Tel est l’Eden des Vertueux ! Existe-t-il par-delà un Paradis où eux espèrent séjourner ?

Paix à toi ô Messager d’Allah et à tes compagnons loyaux et vertueux ! Paix, miséricorde et bénédiction à vous autres assistance !

1 Comment

  1. […] cité par Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Maktoum dans son discours du Maouloud de 1982, introduit par ces mots : « Tel est le sens des mots du poète […]

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